Les cercles de protection

L’utilisation de cercles, au centre desquels se place l’opérateur, se pratique depuis des temps immémoriaux, en particulier dans le cadre de la magie évocatoire.

Ceux-ci sont généralement considérés comme une barrière de protection que le praticien établit autour de lui afin de se prémunir de possibles attaques d’êtres immatériels.

De très nombreux auteurs en ont traité. Dans le quatrième volume de la « Philosophie occulte » (1565) faussement attribué à Cornelius Agrippa il est déjà question d’établir de tels cercles lorsque l’on procède à l’évocation de mauvais esprits. Il y est ainsi écrit : « On construit un cercle dans l’endroit choisi, tant pour la défense de l’évocateur que pour la manifestation de l’esprit ».  On y mentionne même la possibilité d’y inclure une porte.

Mais comment imaginer qu’un simple cercle tracé au sol puisse arrêter quoi que ce soit et à plus forte raison des entités ?

Des éléments de réponse nous sont donnés, entre autres, par Papus et Franz Bardon.

Dans son « Traité élémentaire de magie pratique » (1893), Papus nous explique que : « Toute opération magique doit être exécutée dans l’aire d’un cercle qui symbolise la volonté de l’opérateur et qui isole celui-ci de toute mauvaise influence extérieure ».  La notion d’expression de la volonté permet déjà de mieux cerner le principe de fonctionnement du cercle.

Franz Bardon consacre plusieurs pages à ce seul sujet dans son « Pratique de la magie évocatoire » (1956). Il nous écrit, et ceci résume son opinion, que : « Ce cercle n’est pas une figure destinée à protéger l’opérateur de toutes les influences négatives indésirables ; c’est plutôt le contact conscient et spirituel avec le Très-Haut qui offre la sécurité et l’inviolabilité ».

En d’autres termes, c’est bien le psychisme de l’opérateur, exprimant sa foi, qui assurera au cercle sa fonction de protection. L’on peut donc voir celui-ci plutôt comme un sanctuaire que comme une barricade.

Le pratiquant, dans son cercle, y agira donc avec la posture d’un être divin au sein de son univers.

L’idée sera ainsi non pas de bloquer hermétiquement ce qui pourrait venir au pratiquant mais par une sorte d’effet comparable à celui-ci des chambres à pression positive d’en rendre la venue trop difficile.

Ce qui a amené certains auteurs à affirmer que les cercles ne protégeraient que contre des entités mineures.

Mais là, tout dépend certainement des capacités et de l’expérience de l’évocateur, comme c’est le cas en bien d’autres domaines.

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