Les triangles de l’art

En magie occidentale, les rituels d’évocation font actuellement appel à un triangle, en complément et à l’extérieur du cercle, en vue d’y accueillir l’entité appelée.

D’où vient cette tradition et pourquoi le choix de cette figure ?

La plupart des triangles utilisés aujourd’hui reprennent le modèle, avec les inscriptions transmises dans « L’Ars Goetia » (La goétie) faisant partie d’un ouvrage de magie salomonienne du XVIIe S., le Lemegeton.

En remontant plus loin, nous trouvons dans le quatrième volume de la « philosophie occulte » d’Agrippa (1565) des indications sur l’utilisation de formes géométriques dans le cadre de l’évocation des mauvais esprits. C’est ainsi qu’il y est expliqué que, en parlant de l’esprit, « Tu l’enchaineras par les conjurations convenables et si tu redoutes quelque mensonge, fais en dehors du cercle avec le glaive sacré une figure de triangle ou de pentagone et force l’esprit d’y entrer ».

Ici le triangle est clairement assimilé à un lieu de contrainte plutôt que d’accueil.

Il est usuel de représenter un cercle à l’intérieur du triangle et d’y faire figurer le nom de l’entité évoquée. C’est donc bien ce petit cercle qui est le lieu où l’entité est appelée. Le triangle qui l’entoure jouerait un autre rôle.

Certains y voient de nombreux symboles liés au chiffre trois, comme par exemple une figuration de l’espace en trois dimensions et, par suite, un appel à la matérialisation.

Il convient quand même de noter qu’aussi bien dans le Lemegeton que dans la « Philosophie occulte », le triangle est utilisé dans le cadre d’appel d’entités « mauvaises » ou de « démons ». Le triangle ne jouerait-il dès lors pas une fonction de protection ?

Le fait d’appeler une entité à se manifester en dehors du cercle où l’on se trouve, d’entourer celle-ci d’un petit cercle entouré lui-même d’un triangle font grandement penser à une volonté de circonscrire toute manifestation en vue de se protéger. De même que certains noms de puissances divines figurant aux pourtours de ce triangle.

Mais aujourd’hui l’emploi du triangle est souvent sorti de tout ce contexte et ne représente plus qu’un accessoire où l’entité, quelle qu’elle soit, est simplement invitée à se manifester.

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